Une page se tourne pour Anne-Sophie Pic, mais une autre s’ouvre déjà avec une ampleur qui intrigue tout le monde. La fermeture d’un lieu aussi emblématique surprend autant qu’elle alimente les spéculations. Surtout quand l’adresse appelée à le remplacer promet de bouleverser la scène parisienne.
Car derrière cette transition, il y a bien plus qu’un déménagement. Il y a une ambition, une stratégie, et un projet pensé pour marquer une étape décisive dans la haute gastronomie. Et ce nouveau chapitre soulève une question essentielle : pourquoi ce changement si soudain, et qu’attendre de cette future table ?
Un tournant majeur pour une cheffe au sommet
La fermeture d’un restaurant doublement étoilé après 17 ans de succès ne passe jamais inaperçue. Pourtant, c’est précisément ce qui se prépare du côté du Beau-Rivage Palace à Lausanne, où l’adresse suisse d’Anne-Sophie Pic servira son dernier repas le 31 décembre prochain. Une décision qui n’émane pas du Groupe Pic, mais du groupe hôtelier suisse, qui a choisi fin mars de ne pas renouveler le partenariat.
Cette rupture, jugée « inattendue et incompréhensible » par le groupe présidé par David Sinapian, intervient alors même que le restaurant avait été rénové en 2024 et affichait une solide rentabilité pour 2025. Un paradoxe qui interroge les habitués comme les observateurs du milieu.
Pour justifier ce revirement, le Beau-Rivage Palace évoque la volonté d’avoir « un chef à demeure ». Une explication qui ne convainc qu’à moitié le clan Pic, d’autant qu’Anne-Sophie Pic avait installé sur place l’un de ses plus proches collaborateurs, Jordan Theurillat. Pourtant, selon le Gault & Millau, la rotation des chefs sur place pénalisait légèrement l’établissement dans ses notations, malgré une cuisine saluée et un cadre redessiné par l’architecte Tristan Auer.
Mais cette fin d’aventure helvétique ne freine pas l’élan de la cheffe la plus étoilée au monde. Bien au contraire, elle accélère un projet parisien ambitieux, déjà en marche. Et c’est là que les choses deviennent particulièrement intéressantes.
Car cette transition n’est pas seulement une réorientation géographique. Elle pose les bases d’une nouvelle implantation stratégique, pensée pour marquer durablement la scène gastronomique.
La nouvelle adresse d’Anne-Sophie Pic : une ouverture stratégique au cœur de Paris
L’annonce a pris tout le monde de court : alors que son établissement suisse ferme, Anne-Sophie Pic prépare l’ouverture d’un restaurant inédit à Paris, au sein de la Fondation Cartier pour l’art contemporain. Une localisation rare, culturelle, et surtout extrêmement visible dans le paysage parisien.
Pour donner vie à ce lieu, le Groupe Pic a publié le 6 mai 2026 une offre d’emploi détaillée sur le site L’Hôtellerie Restauration. Elle concerne un poste clé : celui de 1er Chef(fe) de Partie en CDI, à pourvoir dès août 2026. Ce futur collaborateur sera décrit comme un « véritable ambassadeur de la technique culinaire d’Anne-Sophie Pic », un rôle qui témoigne de l’importance accordée à cette nouvelle table.
Les missions annoncées sont claires et exigeantes. Encadrement d’équipes composées de chefs de partie, commis et apprentis. Gestion complète de la production culinaire : cuissons, dressages, application des standards maison. Supervision de l’hygiène et des approvisionnements. Le profil recherché doit justifier d’une expérience « significative et confirmée en restauration gastronomique et étoilée », une exigence logique pour une ouverture de ce niveau.
Au-delà des compétences, l’annonce met en avant la philosophie de la cheffe, notamment le concept d’« Imprégnation », qui guide sa démarche autour du végétal, de la fermentation ou de la maturation. Le groupe propose aussi des avantages concrets : prise en charge totale du Pass Navigo, deux jours de repos consécutifs, et des perspectives d’évolution à l’international, notamment dans les établissements du groupe à Hong Kong, Dubaï ou Bangkok.
Ce futur lieu, qui réunira un restaurant et un bar signature, est déjà annoncé comme l’une des ouvertures les plus attendues de l’automne 2026. Un détail qui ne trompe pas : la cheffe elle-même conclut l’annonce par un message personnel, soulignant son désir de partager « la passion qui l’anime au quotidien ».
Mais encore faut-il comprendre ce que cette adresse pourra réellement apporter au paysage gastronomique parisien.
Une implantation culturelle qui redéfinit les codes
Ouvrir un restaurant au sein de la Fondation Cartier n’a rien d’anodin. Cela implique une rencontre entre gastronomie d’excellence et création contemporaine. Une combinaison rare qui pourrait positionner ce nouveau lieu comme un espace hybride, à la croisée de la table gastronomique, du design et de l’expérimentation culinaire.
Le choix d’un bar signature va dans le même sens. Il complètera l’offre et permettra une approche plus accessible, tout en mettant en avant les cocktails et créations liquides du groupe Pic, souvent nourries de techniques issues de la parfumerie ou de la sommellerie moderne.
Cette implantation à Paris permet aussi à la cheffe de s’affirmer dans une ville où la concurrence gastronomique est féroce, mais où la demande pour des expériences nouvelles, lisibles et ambitieuses n’a jamais été aussi forte. Le contexte post-pandémique et l’évolution du rapport des Parisiens aux lieux culturels favorisent justement les espaces hybrides, qui allient cuisine, art et atmosphère immersive.
Ce projet ne se limite donc pas à remplacer un restaurant perdu. Il s’inscrit dans une stratégie d’expansion pensée sur plusieurs années. Et il répond à un besoin clair : celui de créer une adresse parisienne capable de transmettre pleinement l’identité Pic.
Ce que ce nouveau lieu pourrait changer dans la haute gastronomie
Plusieurs points laissent penser que cette adresse parisienne pourrait devenir un repère majeur de la scène gastronomique :
- Un ancrage culturel dans une institution internationale comme la Fondation Cartier.
- Une équipe construite autour de chefs formés à l’école Pic, garantissant la cohérence technique.
- La présence d’un bar signature, qui modernise l’approche de la gastronomie.
- Une philosophie centrée sur l’Imprégnation, élément identitaire fort du groupe.
- Une ouverture à l’automne 2026, période stratégique pour les nouvelles tables parisiennes.
Ces éléments indiquent une ambition claire : imposer une nouvelle référence dans un milieu où les codes changent vite et où les chefs doivent composer avec une clientèle plus exigeante et plus diversifiée.
Mais malgré ce enthousiasme, certains points méritent d’être connus pour comprendre pleinement l’enjeu de cette transition.
Ce qu’il faut retenir de la fermeture suisse
La décision du Beau-Rivage Palace de ne pas renouveler le partenariat a plusieurs éléments clés :
- 17 ans de collaboration interrompus sans préavis.
- Un restaurant deux étoiles qui venait d’être rénové.
- Une rentabilité confirmée pour 2025, selon le Groupe Pic.
- Une justification floue : la volonté d’un chef à demeure.
- Des difficultés à remplir les services du midi, ayant conduit à une baisse de prix du menu d’affaires.
Ces éléments montrent que la fermeture n’est pas liée à un manque de qualité culinaire, mais à un ensemble de critères stratégiques et économiques propres à l’établissement suisse.
Et c’est précisément ce contexte qui explique l’énergie investie dans le projet parisien, pensé comme une réponse autant qu’un renouveau.
Un nouvel élan pour la cheffe la plus étoilée au monde
Cette transition marque un moment clé de la carrière d’Anne-Sophie Pic. Elle s’apprête à transformer une rupture inattendue en opportunité stratégique, et son installation au cœur de Paris pourrait profondément remodeler son rayonnement.
L’automne 2026 s’annonce déjà décisif. Et il y a fort à parier que cette nouvelle adresse deviendra l’un des lieux les plus observés de la scène gastronomique française.




