Les prix alimentaires mondiaux repartent à la hausse. Pourtant, malgré un contexte géopolitique tendu et des coûts de production qui grimpent, l’abondance de céréales sur le marché mondial freine une envolée plus forte. Cette situation crée un équilibre fragile que vous pouvez sentir évoluer mois après mois.
Une hausse modérée mais réelle de l’indice des prix alimentaires
L’indice des prix alimentaires de la FAO a progressé. Entre février et mars 2026, il gagne 2,4 %. Par rapport à mars 2025, l’augmentation reste limitée, à 1 %. Ces chiffres montrent une tendance haussière, mais pas un emballement.
Selon Maximo Torero, chef économiste de la FAO, les tensions liées au conflit au Moyen-Orient ont pesé sur les marchés. Le prix du pétrole a tiré les cours vers le haut. Pourtant, l’effet reste contenu. La raison est simple : une offre mondiale de céréales abondante amortit le choc.
Des choix difficiles pour les agriculteurs
Si le conflit dépasse 40 jours, les conséquences pourraient se faire sentir jusque dans les champs. Les agriculteurs doivent composer avec des coûts d’intrants élevés et des marges serrées. Les arbitrages deviennent inévitables. Maximo Torero identifie trois scénarios possibles :
- Produire la même culture mais avec moins d’intrants.
- Réduire les surfaces semées.
- Se tourner vers des cultures moins gourmandes en engrais.
Ces décisions influencent directement les rendements, l’offre alimentaire et les prix agricoles pour le reste de 2026 et toute l’année suivante.
Le conflit affecte aussi le marché des engrais. Environ 30 % d’entre eux transitaient par le détroit d’Ormuz. Leur prix dépend également du cours du gaz, indispensable à leur production. Le renchérissement est donc logique. Et il pèse sur l’ensemble de la chaîne.
Des variations fortes selon les produits
Si l’indice global progresse, chaque groupe de produits connaît sa propre dynamique. Les céréales, les huiles ou encore le sucre réagissent différemment aux tensions internationales.
Le cas des céréales
En mars, l’indice FAO du prix des céréales augmente de 1,5 % sur un mois. Le mouvement est loin d’être uniforme.
- Le blé bondit de 4,3 %. Les marchés redoutent des récoltes américaines fragilisées par la sécheresse. En Australie, les semis pourraient aussi être réduits à cause du prix élevé des engrais.
- Le maïs connaît une légère hausse. L’effet des inquiétudes sur les engrais se combine aux politiques nationales de soutien aux biocarburants. L’impact reste toutefois modéré, car l’offre mondiale est abondante.
- Le riz suit une trajectoire opposée. Son prix recule de 3 %, principalement en raison d’une demande plus faible.
Huiles végétales, sucre et viande : des hausses marquées
- Les huiles végétales progressent de 5,1 %. La flambée du pétrole laisse anticiper une demande plus forte en biocarburants.
- Le sucre grimpe de 7,2 %. Les marchés s’attendent à ce que le Brésil, premier exportateur mondial, augmente sa production d’éthanol. Malgré tout, l’offre mondiale reste confortable, soutenue par de bonnes récoltes en Inde et en Thaïlande.
- Pour la viande, la hausse est de 1 %. Le prix du porc monte sous l’effet de la demande européenne. La viande bovine est également plus chère, en raison d’une offre limitée, notamment au Brésil.
Un marché équilibré… mais sous tension
Ce début d’année 2026 montre un marché agricole contrasté. Les hausses sont visibles, mais l’abondance de certaines productions limite les risques de flambée. Vous pouvez néanmoins percevoir une fragilité. Les tensions régionales, les coûts d’intrants et les incertitudes sur les récoltes laissent planer le doute.
Les prochains mois seront déterminants. Ils dépendront des effets prolongés du conflit, des conditions climatiques et des choix stratégiques faits par les agriculteurs. Un équilibre instable, mais encore sous contrôle.




