Face à la hausse des prix et aux difficultés des ménages, un collectif de trente-sept associations relance une demande qui pourrait changer le quotidien alimentaire de millions de personnes. Leur idée est simple et forte. Rendre accessibles cent produits sains, vendus sans marge, partout en France. Une mesure qui, selon elles, ne peut plus attendre.
Un appel fort pour que manger sainement ne devienne pas un privilège
Dans une lettre ouverte adressée le 1er avril 2026 au Premier ministre Sébastien Lecornu, ce collectif défend une urgence. Il veut garantir l’accès à 100 produits sains vendus à prix coûtant. Une demande déjà portée en octobre dernier, mais restée sans réponse jugée satisfaisante.
Les associations à l’origine de cet appel, dont Familles rurales, Foodwatch, le Secours catholique Caritas France et France Assos Santé, décrivent une situation inquiétante. Sous l’effet de l’inflation et d’une tendance de certains distributeurs à renchérir les produits essentiels, l’équilibre alimentaire devient un vrai défi. Selon elles, « l’assiette devient la variable d’ajustement du budget des ménages » et manger sainement « devient un luxe pour beaucoup ».
Une mesure simple, rapide et applicable partout
Dans leur courrier, les associations parlent d’« une première mesure simple et urgente ». Elles demandent au gouvernement une loi d’urgence qui imposerait à l’ensemble de la grande distribution de vendre ces cent produits au prix coûtant, en France métropolitaine et dans tous les territoires ultramarins.
Ces produits seraient choisis en fonction des recommandations du Programme national nutrition santé. L’objectif est clair. Permettre à chacun d’accéder à des aliments essentiels pour la santé sans subir les marges parfois importantes appliquées en magasin.
Un impact limité pour les distributeurs, mais important pour les ménages
Le collectif insiste sur un point. Cette mesure ne représenterait qu’une part « très minime des milliers de références commercialisées » dans les supermarchés. Les distributeurs pourraient l’appliquer sans difficulté particulière. Ils ont d’ailleurs reconnu par le passé leur responsabilité dans l’accès à une alimentation de qualité et accessible. Certains avaient même demandé à l’État d’installer un cadre clair.
Pour les ménages, en revanche, l’effet serait immédiat. Des produits reconnus comme essentiels deviendraient financièrement accessibles. Cela limiterait l’arbitrage constant entre budget et santé.
Une mesure sans coût pour l’État et bénéfique pour la santé publique
Autre argument avancé par le collectif : cette loi d’urgence n’alourdirait pas le budget de l’État. Au contraire. À moyen terme, elle pourrait même contribuer à réduire les dépenses de santé en facilitant l’accès à une alimentation plus équilibrée.
Les associations précisent également que cette approche ne doit pas pénaliser le monde agricole. Elles rappellent que la juste rémunération des agriculteurs doit être garantie. L’idée n’est donc pas de baisser artificiellement le prix payé aux producteurs, mais de supprimer les marges appliquées en grande distribution.
Un appel soutenu par une pétition nationale
Pour renforcer cette mobilisation, le collectif a lancé une pétition demandant la mise en place de cent produits sains à prix coûtant dans tous les supermarchés. Celle-ci vise à montrer l’ampleur du soutien citoyen et à encourager le gouvernement à agir rapidement.
L’enjeu dépasse le débat économique. Il touche au quotidien. À la santé. À la justice sociale. Pour ces associations, il ne s’agit pas seulement d’une mesure technique. Il s’agit d’un choix de société.
Vers un changement de modèle pour l’accès à l’alimentation ?
Ce débat ouvre une question plus large. Comment assurer durablement un accès équitable à une alimentation saine en France ? Le collectif estime que cette loi serait un premier pas. Une base solide pour repenser, à long terme, la place du consommateur, du distributeur et du producteur dans la chaîne alimentaire.
L’appel est désormais entre les mains du Premier ministre. Reste à voir si le gouvernement saisira cette occasion pour lancer une dynamique nationale autour de l’accès à des produits sains pour tous.




