La demande de produits biologiques continue de grimper dans les cantines scolaires. Face à ce mouvement de fond, plusieurs structures locales se réorganisent. À Bressuire, l’exemple de la SCIC Mangeons bio ensemble montre à quel point les besoins explosent et comment les acteurs doivent s’adapter rapidement.
Un entrepôt qui déborde face à la hausse des volumes
L’entrepôt situé boulevard de Poitiers, à Bressuire, affiche clairement la tendance. En 2025, 639 tonnes de marchandises ont transité par ce site. Cela représente 70 tonnes de plus que l’année précédente. Une progression nette qui témoigne d’un intérêt grandissant pour le bio dans la restauration collective.
Selon sa directrice générale, Cécile Remeau, cette dynamique repose à la fois sur des nouveaux marchés et sur une hausse des volumes chez les clients déjà engagés. Cette évolution rapide oblige aujourd’hui la structure à repenser ses capacités.
Une coopérative en pleine expansion depuis 2011
Créée en 2011, la SCIC Mangeons bio ensemble fédère désormais 74 producteurs répartis dans les quatre départements de l’ex-Poitou-Charentes : la Charente, la Charente-Maritime, la Vienne et les Deux-Sèvres. Les effectifs suivent la même trajectoire. En sept ans, l’équipe est passée de 4 à 10 salariés.
Depuis son déménagement de Clazay en 2019, le site de Bressuire s’est considérablement développé. Mais l’espace atteint aujourd’hui ses limites. Sur les 500 m² de locaux, 350 m² sont dédiés au stockage. Une surface qui devient insuffisante pour absorber la croissance actuelle.
Une offre complète pour les cantines scolaires
Les trois-quarts des expéditions proviennent directement des producteurs locaux. La diversité est large et couvre l’essentiel des besoins d’une cantine municipale. Parmi les produits qui transitent :
- Épicerie : pâtes, farine, lentilles
- Viandes : bœuf, veau, porc, volaille
- Produits laitiers : lait UHT, yaourts
- Fruits et légumes
- Compléments de gamme : couscous, huile d’olive, riz, sucre
Cette variété permet à la structure de devenir un interlocuteur unique pour les services de restauration. Les cantines peuvent ainsi composer des menus complets tout en respectant leurs objectifs de montée en gamme bio et locale.
Une clientèle majoritairement publique
La coopérative compte aujourd’hui 250 clients. La grande majorité d’entre eux sont des services municipaux de restauration. Les élus jouent un rôle important dans cette évolution, en cherchant à renforcer l’utilisation de produits plus durables et plus transparents pour les familles.
Pour nombre de communes, la montée en puissance du bio reste un défi. Dans certaines cantines, la part du bio atteint encore seulement 5 à 6 %. Mais la demande progresse, soutenue par les politiques publiques et les attentes des consommateurs.
Une dynamique qui pousse à repenser l’organisation
Avec des volumes en hausse, un réseau de producteurs qui s’étoffe et de nouveaux clients, la SCIC doit désormais envisager une extension de son entrepôt. Le besoin de place devient urgent. Cela illustre très concrètement la transition alimentaire en cours dans les territoires.
Pour les cantines, cette évolution signifie un accès plus simple à des produits bio locaux. Pour les producteurs, c’est l’assurance de débouchés stables. Et pour les familles, c’est la garantie d’une alimentation plus saine dans les assiettes des enfants.
La progression des volumes et l’engagement des collectivités montrent que la demande ne faiblira pas. L’organisation logistique devra suivre pour accompagner durablement cette transition.




