Une pâte douce, des fruits dorés qui deviennent presque confits et une fine croûte caramélisée : ce dessert a tout d’un grand classique de fin d’été. Il se prépare avec peu d’ingrédients, dans un seul saladier, et le parfum qui sort du four suffit souvent à réunir tout le monde autour de la table.
Son secret ne tient pas à une technique compliquée. Quelques gestes précis permettent pourtant d’obtenir une texture fondante, bien prise après refroidissement, sans noyer le plat sous le jus des fruits.
Pourquoi le far aux mirabelles est le dessert idéal de la fin d’été
La mirabelle est une petite prune jaune, sucrée et très juteuse. Elle est particulièrement présente sur les étals entre août et septembre, avec une récolte souvent concentrée en septembre. C’est donc le fruit parfait pour renouveler les tartes et les clafoutis à cette période.
Dans cette recette, elle remplace les pruneaux du far breton traditionnel. Le résultat reste fidèle à l’esprit de cet entremets breton : une préparation épaisse aux œufs, au lait et à la farine, cuite au four dans un grand plat peu profond.
Le far breton ne ressemble ni tout à fait à un gâteau, ni exactement à un flan. Sa pâte est proche de celle d’un clafoutis, mais elle devient plus dense et plus crémeuse au centre. Les mirabelles apportent alors une fraîcheur acidulée qui équilibre naturellement le sucre.
Le piège classique consiste à utiliser des fruits très juteux sans les répartir correctement. Le fond peut alors rendre trop d’eau et la pâte peine à prendre. Une cuisson menée en deux temps aide justement à fixer rapidement la surface, puis à cuire l’intérieur sans le dessécher.
La recette est aussi appréciée pour son format familial. En grand plat, elle se découpe en larges parts généreuses ou en carrés faciles à servir. Et la simplicité de sa base explique pourquoi elle peut être prête en une dizaine de minutes de gestes actifs.
Le détail qui transforme ce far breton : les mirabelles en une seule couche
Le vrai secret est de déposer 300 à 400 g de mirabelles mûres et dénoyautées en une seule couche au fond du moule. Elles ne doivent pas former un amas épais. Cette disposition favorise une cuisson régulière et limite l’excès de jus dans la pâte.
À la chaleur du four, les fruits libèrent leur pulpe parfumée. Certaines zones deviennent légèrement confites, tandis que leur jus imprègne délicatement l’appareil. Chaque bouchée garde ainsi le goût franc de la mirabelle, au lieu de devenir simplement sucrée.
La pâte repose sur une association très simple : farine, œufs, sucre, lait et beurre. Le lait tiède rend le mélange plus homogène. Il est incorporé progressivement pour éviter les grumeaux et obtenir une préparation fluide, capable d’envelopper les fruits.
Le beurrage du moule compte également. Un moule bien beurré favorise une fine croûte dorée, légèrement caramélisée sur les bords. Ce contraste est précieux : le dessus se colore, alors que le cœur reste fondant.
Une cuillère à soupe d’eau-de-vie peut intensifier les arômes de mirabelle. Elle reste entièrement facultative. Avec des fruits bien mûrs, le dessert est déjà très parfumé et convient plus facilement à tous les convives sans alcool.
Le far se révèle surtout après un refroidissement complet. Servi bien froid, il se tient nettement à la découpe tout en conservant son moelleux. Mais encore faut-il respecter l’ordre de préparation et les températures du four.
La recette du far breton aux mirabelles pour 4 personnes
Cette version demande environ 15 minutes de préparation et 40 à 45 minutes de cuisson. Si les mirabelles sont déjà lavées et dénoyautées, les manipulations actives peuvent tenir en une dizaine de minutes.
- 100 g de farine, ou 50 g de farine et 50 g de Maïzena
- 2 œufs
- 75 g de sucre, ou 60 g pour un résultat moins sucré
- 400 ml de lait
- 15 g de beurre, plus un peu de beurre pour le moule
- 1 cuillère à soupe d’eau-de-vie, facultative
- 300 à 400 g de mirabelles mûres
- Préchauffez le four à 200 °C. Choisissez un grand moule peu profond, afin que les fruits et la pâte cuisent de façon homogène.
- Lavez et dénoyautez les mirabelles. Coupez-les si nécessaire, puis beurrez soigneusement le fond et les parois du moule.
- Répartissez les fruits. Disposez les mirabelles dénoyautées en une couche régulière au fond du plat.
- Faites tiédir le lait et le beurre. Chauffez doucement les 400 ml de lait avec les 15 g de beurre. Le mélange doit être tiède, jamais bouillant.
- Mélangez les ingrédients secs et les œufs. Dans un saladier, fouettez la farine, le sucre et les 2 œufs jusqu’à obtenir une base lisse.
- Versez le lait progressivement. Incorporez le lait tiède en filet, tout en fouettant. Ajoutez l’eau-de-vie à ce moment si vous en utilisez.
- Recouvrez les mirabelles. Versez la pâte fluide sur les fruits sans les déplacer excessivement.
- Cuisez en deux temps. Enfournez 10 minutes à 200 °C, puis baissez à 180 °C en chaleur tournante pour 30 à 35 minutes supplémentaires.
Le far est prêt lorsque sa surface est bien dorée et que le centre est pris. Il peut garder un léger tremblement à la sortie du four, car il se raffermit en refroidissant.
Laissez-le refroidir complètement avant de le placer au frais. Cette attente donne une découpe nette et une texture plus fondante. Reste à choisir la version qui correspond le mieux à vos fruits et à votre goût.
Maïzena, moins de sucre et autres variations autour des prunes
La formule la plus légère consiste à remplacer la moitié de la farine par de la Maïzena, ou fécule de maïs. Utilisez alors 50 g de farine et 50 g de Maïzena. La saveur reste identique, mais la texture paraît plus délicate.
Vous pouvez aussi réduire le sucre de 75 g à 60 g. Cette adaptation est particulièrement intéressante avec des mirabelles très mûres. Le fruit prend davantage de place en bouche, sans que le far perde sa rondeur.
En dehors de la saison des mirabelles, d’autres prunes conviennent très bien. Les quetsches apportent une note plus soutenue et légèrement acidulée. Les reines-claudes, plus douces, donnent une version très parfumée et fondante.
| Fruit utilisé | Caractère dans le far | Préparation conseillée |
|---|---|---|
| Mirabelle | Douce, juteuse, parfumée | Dénoyautée et répartie en une couche |
| Quetsche | Plus acidulée, goût prononcé | Dénoyautée, en quartiers si elle est grosse |
| Reine-claude | Très sucrée, chair fondante | Dénoyautée, avec moins de sucre si elle est très mûre |
Pour le service, le far froid accompagne particulièrement bien un café glacé ou un thé dégusté au jardin. Il se présente simplement, sans crème ni sauce, car les fruits confits suffisent à le rendre gourmand.
Cette facilité peut cependant cacher quelques erreurs qui changent vraiment le résultat. Elles sont simples à éviter.
Les erreurs à éviter pour un far bien pris et jamais lourd
Ne versez pas le lait chaud d’un seul coup sur les œufs. Un lait simplement tiédi et ajouté progressivement évite les grumeaux. Le fouet doit rester en mouvement jusqu’à ce que la pâte soit parfaitement lisse.
Ne superposez pas les mirabelles. Trop de fruits au même endroit libèrent beaucoup de jus et peuvent laisser une zone humide au fond du plat. Une seule couche régulière est préférable, même avec 400 g de fruits.
Ne servez pas le far immédiatement après la cuisson. Il est encore fragile et sa texture paraît plus molle à chaud. Le refroidissement complet, suivi d’un passage au frais, est essentiel pour obtenir ce fondant dense et cette belle tenue.
Enfin, pensez aux allergies alimentaires : cette recette contient du gluten, des œufs et du lait. La Maïzena allège l’appareil, mais elle ne rend pas la recette sans gluten si une part de farine de blé demeure.
Préparez-le lorsque les mirabelles sont bien mûres, puis laissez le froid finir son travail. Le lendemain, s’il en reste, ses arômes de prune dorée sont souvent encore plus agréables.



