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Chef privé breton : depuis 30 ans, il régale les Anglais avec une cuisine qui leur est totalement inconnue

À la table de familles anglaises, un chef breton fait découvrir des saveurs qui surprennent autant qu’elles rassurent. Son parcours ne commence pourtant pas dans les palaces, mais dans des repas de famille généreux au cœur du Finistère.

Depuis trente ans, Mikaël Perret construit une cuisine personnelle, portée par les souvenirs du Poher et l’exigence des métiers de bouche. Derrière son entreprise, baptisée Le Frog, il propose aujourd’hui une expérience que nombre de ses clients britanniques ne connaissent pas encore.

Une histoire née dans les cuisines familiales du Centre-Bretagne

Mikaël Perret est né à Carhaix, dans le Finistère, il y a cinquante-trois ans. Ses premiers repères culinaires remontent aux déjeuners chez sa grand-mère, avant le retour à l’école. Elle préparait alors au moins deux plats pour le repas du midi.

Cette abondance familiale a marqué le futur chef. Son grand-père avait été boulanger à Motreff, dans le Poher. Chez ses grands-parents, la nourriture occupait une place centrale, avec toujours beaucoup à manger sur la table.

Il garde notamment le souvenir de goûters simples et précis : du pain de mie cuit au feu de bois, accompagné de beurre. Ce type de mémoire sensorielle compte dans une cuisine. La croûte chaude, l’odeur du bois et la richesse du beurre racontent déjà un territoire.

Pour autant, Mikaël Perret ne se destinait pas immédiatement à la restauration. Écolier à l’école de la République, puis collégien à Saint-Trémeur, il envisageait d’abord un tout autre métier : devenir vétérinaire. Mais son parcours scolaire ne correspondait pas à cette voie très académique. C’est ce détour qui l’a conduit vers les fourneaux.

La cuisine bretonne qu’il défend aujourd’hui ne se réduit donc pas à une carte de spécialités. Elle repose aussi sur une idée du repas : recevoir, nourrir pleinement et créer un moment partagé. C’est précisément ce qui donne du relief à son activité en Angleterre.

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La cuisine inconnue des Anglais : l’identité bretonne de Mikaël Perret

La réponse tient dans une expression : une cuisine bretonne et française pensée pour la table privée. Pour de nombreux clients anglais, cet univers est moins familier que les grands classiques internationaux. La Bretagne possède pourtant une identité culinaire forte, entre produits de la mer, beurre, pains, légumes, crêpes et savoir-faire de terroir.

Mikaël Perret ne s’est pas construit sur une image abstraite de la gastronomie française. Il a appris dans le Finistère et le Centre-Bretagne, au contact de cuisines professionnelles du Poher. Son ancrage carhaisien constitue la base de son histoire.

Son entreprise porte un nom qui fait le lien avec son activité outre-Manche : Le Frog. Le choix assume avec humour le regard britannique sur le Français, tout en donnant une identité claire à son service de chef privé. Il ne s’agit pas seulement de cuisiner un dîner. Il s’agit d’amener, chez des particuliers anglais, une culture de table et des références culinaires différentes.

Cette différence peut venir d’un produit, d’une sauce, d’une cuisson ou du déroulé d’un repas. Elle peut aussi tenir à l’importance accordée à la générosité. Les souvenirs de pain cuit au feu de bois et de beurre ne sont pas de simples anecdotes. Ils éclairent une approche où le goût, la convivialité et l’attention aux convives restent indissociables.

Mais cette identité ne s’improvise pas. Avant de cuisiner chez des particuliers anglais, Mikaël Perret a suivi une formation complète et accumulé une expérience concrète dans les brigades bretonnes.

Du lycée hôtelier de Quimper au métier de chef privé

Après avoir renoncé à son projet de devenir vétérinaire, Mikaël Perret prend la direction du lycée hôtelier Paraclet, à Quimper. Cette formation lui donne les fondamentaux de la restauration : organisation d’une cuisine, techniques de préparation, rigueur, service et gestion du temps.

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Il obtient d’abord un CAP, puis un BEP. Ces diplômes professionnels lui permettent d’entrer dans le métier avec une base pratique. En parallèle, il fait ses armes dans les cuisines du Poher.

Parmi les établissements qui comptent dans son parcours figure le Nivernic. Travailler dans une cuisine professionnelle apprend à anticiper, à tenir un rythme et à conserver une régularité, même lorsque plusieurs préparations doivent avancer au même moment.

Mikaël Perret poursuit ensuite son cursus avec un BTH, brevet de technicien hôtelier. Il souligne ainsi être devenu « académique » après tout, par la voie de l’hôtellerie-restauration. Son itinéraire rappelle qu’une carrière de chef se construit autant par l’école que par la pratique quotidienne.

  1. Apprendre les bases : le CAP et le BEP apportent les gestes professionnels et les règles essentielles d’une cuisine organisée.
  2. Se confronter au terrain : les cuisines du Poher, dont celles du Nivernic, donnent l’expérience du service et du travail collectif.
  3. Approfondir la formation : le BTH complète ce parcours hôtelier avec une qualification supplémentaire.
  4. Adapter son savoir-faire : le métier de chef privé demande ensuite de cuisiner dans l’environnement des clients, avec une attention particulière à leurs attentes.

Ce chemin explique la solidité de son projet. Un chef privé doit maîtriser les recettes, mais aussi l’ensemble de l’expérience : préparation, adaptation, présentation et qualité du repas chez le particulier. Reste à comprendre ce qui distingue réellement ce format de la restauration classique.

Chef privé : une cuisine de maison, mais avec les exigences du métier

Le métier de chef privé se déroule dans un cadre différent de celui d’un restaurant. Le convive ne se déplace pas vers une salle et une brigade. C’est le chef qui vient à lui, pour cuisiner dans le cadre d’un repas privé.

Cette formule demande une organisation rigoureuse. Avant le service, il faut prévoir les achats, imaginer un menu cohérent, gérer les temps de préparation et s’adapter à une cuisine qui n’est pas la sienne. L’espace, le matériel et les habitudes du foyer peuvent varier d’un client à l’autre.

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Pour Mikaël Perret, la valeur de cette activité tient aussi à la rencontre entre deux cultures. La Bretagne, Carhaix, Motreff, Quimper et le Poher forment le socle de son parcours. L’Angleterre devient le lieu où cette expérience se transforme en découverte pour les clients.

La cuisine française est souvent associée à une forte technicité. Dans un repas privé, cette technicité doit toutefois rester au service de la convivialité. Le convive attend une assiette réussie, mais aussi une présence discrète et un moment fluide autour de la table.

  • Le produit reste le point de départ d’une cuisine de terroir.
  • Le beurre et le pain renvoient aux souvenirs culinaires bretons du chef.
  • La cuisson apporte la précision qui transforme des ingrédients simples.
  • Le repas partagé donne au service privé sa dimension humaine.

Cette proximité est un atout, mais elle impose aussi de ne pas confondre cuisine authentique et clichés régionaux. C’est là que le parcours professionnel fait toute la différence.

Ce qu’il faut éviter quand on parle de cuisine bretonne

Réduire la Bretagne aux seules crêpes et galettes serait une erreur. Ces spécialités font partie de son patrimoine, mais elles ne résument ni ses produits ni ses cuisiniers. Le parcours de Mikaël Perret montre au contraire une cuisine façonnée par la formation hôtelière, les expériences en brigade et la mémoire familiale.

Il faut aussi éviter d’opposer tradition et professionnalisme. Le pain au feu de bois et le beurre des goûters d’enfance appartiennent à l’intime. Le CAP, le BEP et le BTH relèvent d’un apprentissage structuré. Les deux dimensions peuvent se compléter dans une même assiette.

Enfin, travailler auprès de particuliers anglais ne signifie pas effacer son origine. L’intérêt d’un chef privé comme Mikaël Perret repose justement sur cette capacité à faire voyager une cuisine, sans la détacher de Carhaix, du Finistère et du Poher.

Avec Le Frog, Mikaël Perret transforme ainsi trente ans de métier en passerelle gourmande entre la Bretagne et l’Angleterre. Derrière chaque repas, il reste l’idée simple héritée de ses grands-parents : une bonne table commence par l’envie de recevoir généreusement.

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