Ces derniers jours, le cadmium fait beaucoup parler de lui. Les alertes de l’ANSES ont créé un vrai doute chez de nombreux consommateurs. Vous regardez votre pain, vos légumes ou votre chocolat autrement, peut‑être avec un peu d’inquiétude. Pourtant, il ne s’agit ni de minimiser la question ni de transformer votre cuisine en zone de survie. L’enjeu, c’est de comprendre quels aliments sont les plus concernés et comment réduire simplement votre exposition.
Pourquoi parle‑t‑on autant du cadmium aujourd’hui ?
L’ANSES a indiqué que l’imprégnation au cadmium des Français est trois à quatre fois plus élevée que celle observée dans d’autres pays européens et américains. Le niveau est jugé préoccupant. Pas de panique, mais un vrai besoin d’information. Le cadmium, un métal naturellement présent dans les sols, peut s’accumuler dans certains aliments. L’exposition dépend donc à la fois de la teneur dans le produit et de la fréquence de consommation.
Les aliments les plus concentrés en cadmium
Certains aliments présentent des teneurs plus élevées et méritent une vigilance particulière lorsqu’ils reviennent souvent dans l’assiette. L’ANSES et l’INRAE citent notamment :
- Crustacés et mollusques
- Abats
- Biscuits sucrés et salés
- Barres de céréales
- Chocolat et cacao en poudre
- Algues
- Certains champignons
- Graines de tournesol
Ces aliments ne sont pas responsables, à eux seuls, de l’exposition totale. Ils ont simplement des teneurs plus fortes. S’ils sont consommés très souvent, ils pèsent davantage dans la balance.
Les légumes-feuilles : une famille plus sensible
Les légumes-feuilles accumulent davantage de cadmium que les légumes-fruits. Cela concerne par exemple :
- Salades
- Épinards
- Blettes
- Roquette
- Chou kale
- Herbes fraîches comme le persil
Il ne s’agit pas de les éviter, mais de garder en tête qu’ils font partie des végétaux les plus sensibles à l’accumulation de cadmium. À l’inverse, réduire la question aux seuls légumes-racines serait trop simpliste. Carottes, panais ou betteraves ne sont qu’une partie du sujet.
Les aliments qui contribuent le plus… sans être les plus contaminés
Le pain, les légumes et les pommes de terre représentent une grande part de l’exposition des Français. Non pas parce qu’ils sont très chargés, mais parce qu’on en mange souvent et en quantité. C’est une distinction essentielle : teneur et contribution réelle ne sont pas la même chose.
Le véritable piège, c’est la répétition. L’ANSES recommande de :
- Limiter les produits à base de blé sucrés et salés lorsqu’ils reviennent trop souvent
- Diversifier les féculents
- Varier davantage les repas
Bonne nouvelle : les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs, pois cassés) contribuent peu à l’exposition dans l’étude EAT3. Elles permettent de varier sans ajouter de risque inutile.
Les aliments globalement peu concernés
L’INRAE rappelle que plusieurs familles d’aliments affichent des niveaux faibles de cadmium :
- Fruits
- Lait
- Miel
- Viande issue d’animaux d’élevage
- Poissons comme le cabillaud, la truite ou le merlu
Ces repères permettent de rééquilibrer l’assiette sans stress inutile.
Bio ou conventionnel : cela change‑t‑il vraiment ?
Le cadmium provient surtout des sols, à cause de caractéristiques géologiques ou de l’usage d’engrais phosphatés. Passer au bio ne suffit pas à éliminer totalement le risque. La solution se joue avant tout au niveau des sols et des pratiques agricoles.
Attention aux contenants alimentaires
La DGCCRF rappelle que certains matériaux peuvent libérer du cadmium. Les produits à surveiller sont :
- Céramiques
- Verres décorés
- Objets émaillés
- Pièces anciennes
Les bons réflexes :
- Ne pas chauffer ni servir dans un objet purement décoratif
- Éviter de détourner des contenants dont l’usage alimentaire est incertain
- Ne pas réutiliser des emballages à usage unique pour conserver ou chauffer
- Respecter les consignes d’utilisation lorsqu’elles sont fournies
Comment vraiment réduire votre exposition ?
Vous ne pouvez pas supprimer le cadmium de votre alimentation. En revanche, vous pouvez :
- Limiter les aliments les plus concentrés lorsqu’ils reviennent trop souvent
- Varier davantage les féculents, les légumes et les repas en général
- Choisir une vaisselle adaptée et sûre pour le contact alimentaire
La clé n’est pas une cuisine « sans cadmium ». C’est une assiette plus variée, plus mesurée et plus consciente. Et n’oubliez pas que la vraie solution se trouve aussi en amont, du côté des sols, des engrais et des pratiques agricoles.




