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« Elle me rappelle ma grand-mère » : ce chef rentre au pays pour faire revivre les saveurs oubliées de la cuisine réunionnaise

Des effluves de brochettes chaudes, des couleurs vives et une carte qui fait voyager sans quitter les Deux-Sèvres. Sur le marché de Parthenay, un stand attire les regards autant que les papilles. Derrière cette remorque, un cuisinier fait ressurgir une part intime de son histoire familiale.

Son ambition ne se limite pas à proposer un repas dépaysant. Il veut remettre au premier plan des goûts associés aux souvenirs, aux repas partagés et à une île où les épices racontent beaucoup plus qu’une recette.

À Parthenay, un stand qui apporte un air de La Réunion

Un nouveau stand s’est installé sur le marché du mercredi matin à Parthenay, dans les Deux-Sèvres. Il se trouve boulevard des Sires, un lieu de passage où les habitants viennent chercher des produits frais et des idées pour le repas.

Quelques détails donnent immédiatement le ton. Des petits drapeaux bleus, rouges et jaunes sont accrochés autour de la remorque. Ils annoncent une cuisine inspirée de La Réunion, département et région d’outre-mer française situé dans l’océan Indien.

La carte confirme cette première impression. On y trouve notamment des samoussas, du rougail saucisse et du poulet à la créole. Des préparations connues des amateurs de cuisine réunionnaise, mais encore peu représentées sur les marchés de cette partie de la Nouvelle-Aquitaine.

Dans la remorque, Hugo Fulneau travaille à l’abri des rafales de vent qui traversent Parthenay certains matins. Les odeurs de cuisson attirent les visiteurs, en particulier celles des brochettes préparées sur place.

Ce décor de marché compte autant que l’assiette. La cuisine réunionnaise se prête naturellement à cette proximité, car elle repose sur des plats généreux, faciles à partager et riches en parfums. Mais pour Hugo Fulneau, ce projet possède aussi une résonance bien plus personnelle.

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La cuisine réunionnaise, un lien direct avec son histoire familiale

Hugo Fulneau est réunionnais du côté de sa mère. Le cuisinier trentenaire a grandi dans le Thouarsais, au nord des Deux-Sèvres. Son retour et son installation à Parthenay donnent donc une forme concrète à une double appartenance, entre son territoire d’enfance et les racines réunionnaises de sa famille.

Après de riches voyages et différentes expériences, il a choisi de revenir dans les Deux-Sèvres. Son idée est claire : valoriser, près de chez lui, une cuisine locale réunionnaise portée par la transmission et les souvenirs.

Le titre de cette aventure culinaire tient dans une émotion familière : « Elle me rappelle ma grand-mère ». Cette phrase renvoie à ce que beaucoup recherchent dans un plat hérité. Pas seulement une saveur exacte, mais une odeur qui remonte, une sauce qui mijote et une table qui rassemble.

La gastronomie réunionnaise s’est construite au croisement de plusieurs influences. Elle associe des héritages malgaches, africains, indiens, chinois et européens. Cette diversité explique la place des épices, du riz, des légumineuses, des piments, des viandes marinées et des sauces longuement cuisinées.

Recréer ces plats loin de l’île demande cependant de conserver leur identité sans les figer. Un rougail ne repose pas uniquement sur un nom inscrit au menu. Il dépend aussi de l’équilibre entre la tomate, les aromates, le piment et le produit principal. C’est précisément là que la mémoire familiale prend tout son sens.

Samoussas, rougail saucisse et poulet à la créole : les saveurs annoncées

Le stand d’Hugo Fulneau met à l’honneur plusieurs repères majeurs de la cuisine réunionnaise. Les samoussas sont de petits triangles croustillants, réalisés avec une fine feuille de pâte garnie. Leur farce peut varier selon les habitudes familiales et les produits disponibles.

Le rougail saucisse fait partie des plats emblématiques de La Réunion. Il associe des saucisses à une préparation tomate relevée, généralement accompagnée de riz. Selon les recettes, l’ail, l’oignon, le gingembre, le curcuma et le piment apportent profondeur et caractère.

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Le poulet à la créole évoque une cuisine mijotée et parfumée. La mention « créole » ne désigne pas une recette unique et immuable. Elle renvoie plutôt à une manière de cuisiner où les aromates et les épices donnent une identité intense à une volaille tendre.

Les brochettes qui cuisent dans la remorque ajoutent une dimension immédiate à l’expérience. Leur odeur se diffuse dans l’allée du marché et crée ce premier contact décisif avec les visiteurs. Avant même de choisir un plat, on reconnaît une cuisine vivante, préparée au rythme du service.

Ces recettes peuvent sembler simples dans leur énoncé. Elles reposent pourtant sur des gestes précis : assaisonner sans masquer, cuire assez longtemps pour développer les arômes et doser le piment pour garder l’équilibre. Le plaisir vient souvent de cette justesse discrète.

Comment découvrir cette cuisine au marché ou lors d’un événement

Hugo Fulneau propose sa cuisine sur le marché du mercredi matin à Parthenay, boulevard des Sires. Il se déplace également à domicile pour des événements. Cette double activité permet de découvrir ses préparations dans deux cadres très différents : l’achat sur le marché ou le repas partagé.

  1. Repérez le stand : les drapeaux bleus, rouges et jaunes installés autour de la remorque signalent l’univers réunionnais.
  2. Observez la cuisson : les brochettes en préparation donnent un aperçu direct du travail réalisé sur place et des parfums proposés.
  3. Choisissez un plat repère : les samoussas conviennent à une découverte en format gourmand. Le rougail saucisse et le poulet à la créole permettent d’entrer dans l’univers des plats cuisinés.
  4. Demandez le niveau de piquant : le piment est important dans les cuisines de l’océan Indien, mais son dosage peut modifier fortement la perception d’un plat.
  5. Pensez au format événementiel : pour un repas à domicile, cette cuisine peut créer une atmosphère chaleureuse grâce aux plats à partager et aux saveurs marquées.

Le marché offre un avantage particulier : l’échange direct avec la personne qui cuisine. Il devient possible de demander ce qui compose un plat, de mieux comprendre une recette ou de se laisser guider vers une saveur moins connue.

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Ce type de cuisine mérite aussi de prendre son temps. Les épices ne cherchent pas forcément à brûler le palais. Elles peuvent apporter de la fraîcheur avec le gingembre, une note chaude avec le curcuma ou une intensité plus franche avec le piment. Reste à voir comment ces repères se déclinent dans l’assiette.

Des repères utiles pour apprécier les spécialités réunionnaises

La cuisine réunionnaise est souvent associée au piment. Pourtant, épicé ne signifie pas systématiquement très piquant. Les aromates peuvent être nombreux sans que le plat soit difficile à manger. Le gingembre, l’ail, l’oignon et le curcuma participent avant tout à la construction du goût.

Le rougail est également un mot à plusieurs sens. Il peut désigner le plat mijoté comme le rougail saucisse. Il peut aussi évoquer un condiment frais, préparé notamment avec de la tomate et du piment, servi pour accompagner le riz ou les viandes.

Les samoussas constituent une porte d’entrée accessible. Leur enveloppe croustillante contraste avec une garniture moelleuse et parfumée. Ils peuvent être dégustés seuls, à l’apéritif ou en complément d’un repas plus complet.

Enfin, une cuisine de transmission ne se réduit jamais à une liste d’ingrédients. Elle dépend des habitudes d’une famille, de l’ordre des gestes et de souvenirs parfois impossibles à mesurer. C’est cette part sensible qui donne du relief au projet porté à Parthenay.

Les erreurs à éviter lorsqu’on découvre ces plats

La première erreur serait de réduire la cuisine réunionnaise à une cuisine uniquement pimentée. Le piment y existe, mais il ne doit pas faire oublier la diversité des textures, des sauces et des épices.

Il faut aussi éviter de considérer le rougail saucisse comme une simple recette de saucisses à la tomate. Son identité tient dans l’assaisonnement, le mijotage et l’accompagnement, souvent centré autour du riz.

Enfin, ne jugez pas un samoussa à sa taille. Ce petit format peut concentrer une farce très expressive. Commencer par une bouchée permet de repérer l’équilibre entre le croustillant, les aromates et le piquant éventuel.

Sur le marché de Parthenay, la cuisine d’Hugo Fulneau propose ainsi un voyage concret, porté par des odeurs de grillade et des recettes de mémoire. Pour les curieux comme pour les nostalgiques, il suffit parfois d’un plat bien préparé pour retrouver un peu d’une histoire familiale.

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